Tu veux faire des études de cinéma ? Tu imagines déjà ton nom au générique d’un film ? Mais concrètement, tu ne sais pas vraiment par où commencer ni quelles études choisir ?
Travailler dans le cinéma, ce n’est pas qu’être réalisateur ou acteur. C’est un univers immense avec des dizaines de métiers différents et autant de formations possibles. Entre la fac, les BTS, les écoles privées et les écoles publiques ultra-sélectives, difficile de s’y retrouver.
J’ai interrogé Louna, étudiante en Master 1 cinéma et audiovisuel à l’université Gustave Eiffel. Elle a accepté de tout m’expliquer : les métiers, les formations, les concours et la réalité des débouchés.
Dans cet article, je vais te détailler toutes les options qui s’offrent à toi pour faire des études de cinéma. Tu vas enfin comprendre la différence entre toutes ces formations audiovisuelles et savoir laquelle correspond à ton profil.
Etudes de cinéma : beaucoup de métiers possibles
Avant de parler formations, il faut qu’on parle métiers. Parce que “travailler dans le cinéma”, ça veut tout et rien dire à la fois.
Louna m’a expliqué qu’il existe 4 grandes familles de métiers dans le cinéma :
Les métiers techniques
C’est tout ce qui touche à l’image et au son. On parle du chef opérateur qui gère l’image, la lumière et le cadrage. Il y a aussi l’ingénieur du son, l’assistant caméra, l’électro qui installe les projecteurs ou encore le monteur. Ces métiers demandent des compétences très pointues et souvent un mélange de technique et d’artistique.
La mise en scène
Là, on retrouve le réalisateur, bien sûr, mais aussi l’assistant réalisateur qui gère le planning et coordonne les équipes, et la scripte qui veille à la continuité du film pour éviter les faux raccords. Ces métiers sont au cœur de la création artistique du film.
La production
C’est la partie plus gestion de projet. Les producteurs travaillent en entreprise de production ou directement sur les tournages. Ils gèrent les financements, les contrats, le dialogue avec les artistes et toute l’administration. Sans eux, aucun film ne verrait le jour.
Les métiers littéraires
Scénariste, critique de cinéma ou chercheur en études cinématographiques. Ces métiers sont plus solitaires et demandent une excellente culture cinématographique et des capacités d’écriture ou d’analyse.
La fabrication d’un film de A à Z
Pour mieux comprendre ces métiers, Louna m’a expliqué dans quel ordre ils interviennent. Parce que faire un film, c’est un travail d’équipe qui se déroule en plusieurs phases.
L’écriture et la pré-production
Tout commence par un scénariste qui écrit l’histoire. Ensuite, une boîte de production prend le projet en charge. Elle va chercher des financements, monter les contrats et dialoguer avec le réalisateur pour définir la direction artistique.
Vient la pré-production où on recherche les lieux de tournage, les acteurs et on constitue les équipes techniques. On décide des décors, de l’esthétique visuelle, bref on prépare absolument tout avant de tourner la moindre image.
Le tournage
C’est là que ça s’active. Sur un plateau de tournage, plusieurs équipes travaillent en même temps :
La mise en scène avec le réalisateur, le premier assistant réalisateur qui gère le planning et coordonne tout le monde, et la scripte qui note tout pour éviter les erreurs de continuité.
L’image avec le chef opérateur qui dirige la lumière et les couleurs, ses assistants et l’équipe électro qui installe tous les projecteurs.
Le son avec l’ingénieur du son et le perchman qui tient la perche au-dessus des acteurs.
L’HMC et décor qui s’occupe de l’habillage, du maquillage, de la coiffure et l’accessoiriste qui gère tous les objets sur le plateau.
La régie qui gère toute la logistique : bloquer les rues pour tourner, organiser la table régie avec les repas, etc.
L’équipe administrative et de production qui continue de gérer les contrats et la paie de tous les techniciens.
La post-production
Une fois le tournage terminé, le film n’est pas fini. Il faut le monter. Le monteur image assemble toutes les prises, le monteur son travaille sur l’ambiance sonore. Ensuite vient l’étalonnage qui harmonise les couleurs et le mixage qui équilibre tous les sons.
La distribution et l’exploitation
Dernière étape souvent oubliée : faire en sorte que le film arrive jusqu’à toi. Le distributeur décide du nombre de copies, crée les affiches, les bandes-annonces et s’occupe de toute la promotion. Les exploitants, ce sont ceux qui travaillent dans les salles de cinéma ou les festivals pour projeter le film.
Tu vois, un film c’est des dizaines de personnes qui collaborent pendant des mois, voire des années. Et chaque métier a son importance.
Les 4 grandes familles d’etudes de cinéma
Maintenant qu’on a fait le tour des métiers, passons aux formations. Il existe 4 grandes voies pour faire des études de cinéma. Chacune a ses avantages et ses inconvénients.
L’université : la voie accessible et théoriques de cinema
La licence et le master de cinéma à l’université, c’est la voie la plus accessible. C’est quasi gratuit, tu peux t’inscrire avec ton dossier Parcoursup sans concours ultra-sélectif.
Par contre, attention, la fac c’est principalement de la théorie. Tu vas étudier l’histoire du cinéma, l’analyse filmique, les grands courants esthétiques. C’est passionnant si tu aimes la réflexion et la culture ciné, mais tu ne vas pas forcément beaucoup pratiquer.
Exception importante : certaines universités comme Gustave Eiffel où étudie Louna, ou Paris 8, intègrent de la pratique dans leurs cursus. Là, tu pourras réaliser des projets, toucher du matériel et te constituer un book.
La fac est idéale si tu veux garder une porte de sortie, si tu n’es pas encore sûr de ton projet ou si tu veux faire de la recherche ou de la critique plus tard. Par contre, après une licence générale, il faudra te spécialiser en master.
Le BTS Audiovisuel : l’option courte et technique
Le BTS Audiovisuel dure 2 ans et il est très spécialisé. Il existe plusieurs options : montage et postproduction, gestion de production, métiers de l’image, métiers du son, techniques d’ingénierie et exploitation des équipements.
C’est une formation très professionnalisante avec beaucoup de pratique et de stages. Tu apprends vraiment un métier technique précis. L’insertion professionnelle derrière peut être plus directe que la fac.
L’inconvénient, c’est que c’est court et très ciblé. Si tu changes d’avis ou que tu veux évoluer vers d’autres fonctions plus tard, tu risques d’être coincé. C’est parfait si tu sais déjà exactement quel métier technique tu veux faire.
Les écoles privées : le réseau avant tout
Il existe des dizaines d’écoles privées de cinéma accessibles directement après le bac. Elles proposent des cursus de 3 à 5 ans et coûtent cher, parfois plusieurs milliers d’euros par an.
L’avantage principal, selon Louna, c’est le réseau. Tu vas rencontrer plein de gens qui veulent faire le même métier que toi. Vous allez collaborer sur des projets, créer des liens et ces contacts te serviront toute ta carrière. Dans le cinéma, qui tu connais compte énormément.
Autre avantage : beaucoup de pratique, du matériel de qualité et un suivi personnalisé puisque les promos sont souvent plus petites qu’à la fac.
L’inconvénient, c’est évidemment le coût. Et attention, toutes les écoles privées ne se valent pas. Certaines ont une vraie réputation dans le milieu, d’autres sont de vraies usines à fric qui ne débouchent sur rien. Renseigne-toi vraiment avant de t’engager.
Les écoles publiques : l’excellence ultra-sélective des etudes de cinema
Ce sont les formations les plus prestigieuses et les plus difficiles d’accès. Louna a passé le concours de Louis-Lumière, elle sait de quoi elle parle.
Les principales écoles publiques sont la Fémis, Louis-Lumière, la Satis (très orientée scientifique) et la Cinéfabrique. Elles sont gratuites ou presque, offrent un enseignement d’excellence et garantissent une insertion professionnelle excellente grâce au réseau et à la réputation.
Le souci, c’est qu’elles sont ultra-sélectives. La Fémis accepte environ 3% des candidats. Oui, 3%. C’est plus difficile que médecine. La plupart de ces écoles recrutent à Bac+2, donc il faut d’abord faire 2 ans d’études ailleurs avant même de tenter ta chance.
Les concours des grandes écoles : à quoi s’attendre ?
Louna a passé le concours de Louis-Lumière et elle m’a expliqué comment ça se passe.
C’est un mélange d’artistique et de scientifique. Il y a d’abord une épreuve photo où tu dois montrer ta sensibilité artistique et ta maîtrise technique. Ensuite, des épreuves de mathématiques et de physique niveau Terminale. Si tu as gardé les spé Maths et Physique au lycée, c’est un vrai plus.
Puis viennent les oraux : entretien de motivation, épreuve de culture cinématographique et un exercice pratique. Ils veulent voir ta personnalité, ta culture et ta capacité à faire.
D’autres écoles comme la Fémis ou la Cinéfabrique misent davantage sur la personnalité et le projet artistique que sur les maths. Chaque école a ses critères.
Louna a fait un bac avec les spécialités Maths, Physique et HGGSP. Cette combinaison scientifique et littéraire est vraiment idéale pour ces concours techniques.
Le parcours extrascolaire : indispensable pour les etudes de cinema
Louna a été très claire là-dessus : ton parcours scolaire ne suffit pas. Ce qui fera la différence, ce sont tes projets personnels.
Avoir pris la spécialité cinéma au lycée, c’est bien. Mais ce qui compte vraiment, c’est ce que tu fais à côté. Est-ce que tu réalises des courts-métrages avec tes amis ? Participes-tu à des festivals ? Est-ce que tu t’inscris à des concours de jeunes créateurs ?
Ces expériences servent à deux choses. D’abord, elles te permettent de tester si ce métier est vraiment fait pour toi. Tourner un court-métrage, même amateur, ça te donne une vraie idée de ce que c’est. Si tu détestes ça, mieux vaut le savoir avant de faire 5 ans d’études.
Ensuite, ces projets nourrissent ton dossier. Quand tu postules en école ou même en fac sélective, montrer que tu as déjà réalisé des choses par passion, ça fait toute la différence. Ça prouve ta motivation et ton autonomie.
Les débouchés professionnels : la réalité du terrain
Louna a été honnête : c’est assez flou. Le cinéma n’est pas un secteur avec des débouchés clairs et stables comme peut l’être l’ingénierie ou le commerce.
Les formations qui semblent garantir la meilleure insertion sont les écoles publiques et les BTS. Pourquoi ? Parce qu’il y a beaucoup de stages, beaucoup de pratique et un réseau solide qui se crée pendant les études.
Certains métiers semblent plus accessibles que d’autres. La production, par exemple, recrute et offre des perspectives plus stables que la réalisation ou le scénario où la concurrence est féroce.
Après une licence générale de cinéma, il faudra absolument te spécialiser en master si tu veux avoir des chances de décrocher un job technique.
Et Louna l’a dit clairement : ce sont avant tout des études de passion. Si tu fais ça pour la sécurité de l’emploi ou pour gagner plein d’argent rapidement, tu te trompes de voie. Il faut vraiment aimer le cinéma, être prêt à galérer au début, à enchaîner les CDD et les missions courtes avant de te stabiliser.
Mais si c’est ta passion, si tu ne t’imagines pas faire autre chose, alors vas-y. Le cinéma français se porte plutôt bien et continue de produire des films. Il y aura toujours besoin de talents motivés.
Et l’IA dans tout ça ?
Tu te demandes peut-être si ça vaut encore le coup d’étudier le cinéma alors que l’IA débarque partout. Les images générées par IA, le montage automatique, les scénarios écrits par ChatGPT… Est-ce que tous ces métiers vont disparaître ?
La réponse courte : non. L’IA va transformer certaines tâches, c’est sûr. Mais elle ne remplacera pas la créativité humaine, la sensibilité artistique et le travail d’équipe qui font un bon film.
Ce qui va changer, c’est que les professionnels du cinéma vont devoir apprendre à utiliser ces nouveaux outils. Comme ils ont appris à passer de la pellicule au numérique. L’IA peut devenir un assistant formidable pour certaines tâches répétitives ou techniques.
Mais raconter une histoire qui émeut, diriger des acteurs, créer une ambiance visuelle unique, ça restera toujours du ressort de l’humain. Alors oui, ça vaut encore le coup d’étudier le cinéma en 2025.
Mon conseil final
Si tu veux faire des études de cinéma, voilà ma recommandation.
D’abord, teste par toi-même. Réalise des vidéos, des courts-métrages, participe à des projets. Si tu aimes vraiment ça, continue de creuser.
Ensuite, choisis ta formation en fonction de ton profil :
- La fac si tu es plutôt théorique et que tu veux garder des portes ouvertes, va à la fac.
- Le BTS si tu es sûr de ton métier technique
- Les écoles privées sérieuse si tu as les moyens et que tu veux un réseau
- Tente les grandes écoles publiques si tu es excellent et ultra-motivé,
N’oublie pas que ce ne sont pas forcément les études les plus prestigieuses qui font les meilleurs professionnels. Ce qui compte, c’est ta motivation, ton réseau, tes projets et ta capacité à te former en continu.
Le cinéma, c’est un marathon, pas un sprint. Accepte de galérer au début, de faire des petits boulots à côté, de te créer un réseau progressivement. Si tu es passionné et persévérant, tu finiras par trouver ta place.
FAQ : Vos questions sur les études de cinéma
Quelles spécialités choisir au lycée pour faire du cinéma ?
Si tu vises les écoles techniques comme Louis-Lumière, prends Maths et Physique. Pour les autres formations, la spé Cinéma-Audiovisuel est évidemment un plus, mais tu peux aussi choisir HGGSP, Humanités ou Arts. L’important est de développer ta culture générale et artistique.
Faut-il obligatoirement passer par une école pour travailler dans le cinéma ?
Non. Beaucoup de professionnels sont autodidactes ou ont commencé comme assistant ou stagiaire. Mais une formation te donne des bases solides, un réseau et une légitimité. Ça facilite grandement les débuts de carrière.
Combien coûtent des études de cinéma ?
La fac et les écoles publiques sont gratuites ou presque (200-500€/an). Les BTS sont gratuits dans le public. Les écoles privées coûtent entre 5000 et 10000€ par an. Calcule bien ton budget avant de t’engager.
Peut-on faire des études de cinéma en alternance ?
Certains BTS et écoles privées proposent l’alternance, surtout pour les métiers techniques et de production. C’est plus rare pour la réalisation ou le scénario. L’alternance est un excellent moyen de se former tout en gagnant de l’expérience.
Quel niveau faut-il avoir pour être accepté en école de cinéma ?
Ça dépend des formations. La fac accepte la plupart des candidats. Les BTS et écoles privées sélectionnent sur dossier et motivation. Les grandes écoles publiques demandent un excellent niveau scolaire, une solide culture ciné et des projets personnels convaincants.
Y a-t-il des débouchés après des études de cinéma ?
Oui, mais ce n’est pas une voie royale. Les métiers techniques et la production offrent plus de stabilité que la réalisation. Il faut accepter de la précarité au début et se construire progressivement. Avec du réseau et de la persévérance, tu trouveras ta place.
Voilà, j’espère que cet article t’a aidé à y voir plus clair sur les études de cinéma et les formations audiovisuelles. Si tu veux d’autres conseils sur ton orientation, n’hésite pas à t’abonner à ma newsletter sur la page d’accueil. Tu recevras des invitations à mes ateliers gratuits sur Zoom et plein de conseils pour réussir ton orientation post-bac.
Photo de Daizy Isumi






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