« J’ai envie de faire une césure… mais j’ai peur de perdre du temps. »
C’est une phrase que j’entends très souvent.
Chez les jeunes.
Mais aussi chez les parents.
Alors pour répondre à toutes les questions que je reçois sur le sujet, j’ai proposé en février dernier un atelier dédié à l’année de césure aux abonnés de ma newsletter.
Pour enrichir cet échange, j’ai invité deux professionnelles qui accompagnent des jeunes dans la construction de projets de césure :
👉 Sophie Purnot, fondatrice de Language Trotter, agence spécialisée dans les séjours linguistiques et les années scolaires à l’étranger depuis plus de 15 ans.
👉 Claire Bleton-Martin, fondatrice de L’Année Lumière, un programme de césure active inspiré d’un modèle danois.
Objectif de cet atelier : comprendre ce qu’est vraiment une césure… et pourquoi elle peut être un vrai accélérateur d’orientation.
ECOUTER L’EPISODE
Une année de césure, ce n’est pas une année « à ne rien faire »
Une césure n’est pas une année sabbatique passée à la maison sans cadre.
Une césure réussie est une année construite, anticipée et choisie.
C’est une période pendant laquelle un jeune peut :
- travailler
- partir à l’étranger
- faire un service civique
- améliorer son niveau de langue
- préparer un concours
- tester un domaine
Autrement dit : sortir du système scolaire pour mieux comprendre son fonctionnement… et ses envies.
Pourquoi certains jeunes ont besoin d’une césure ?
Parce qu’ils ne savent pas quoi choisir.
Parce qu’ils sont fatigués de l’école.
Parce qu’ils ont besoin de concret.
Parce qu’ils veulent gagner en autonomie.
Ou simplement parce qu’ils ont envie de vivre une expérience avant de s’engager dans des études longues.
Prendre une année de réflection n’est pas un échec.
C’est souvent une décision lucide.
Les 3 conditions pour réussir son année de césure
1) Anticiper
Une césure ne se décide pas au dernier moment.
Il faut réfléchir :
- aux objectifs
- au financement
- aux démarches administratives
- au retour vers les études
Un lycéen en césure doit par exemple penser à Parcoursup dès janvier, même s’il est à l’étranger.
2) Être acteur de son projet
Participer financièrement (job, économies…) permet de s’impliquer davantage.
On ne subit plus son année.
On la construit.
3) Penser au retour
Une césure fait partie d’un parcours.
Elle doit aider à avancer, pas à fuir.
La bonne question n’est donc pas seulement :
👉 « Que vais-je faire pendant ma césure ? »
Mais aussi :
👉 « Qu’est-ce que cette césure va changer pour la suite ? »
Année de césure et Parcoursup : ce qu’il faut savoir
Il est possible de sécuriser une place dans une formation Parcoursup tout en prenant une césure.
Le fonctionnement :
1️⃣ Cocher la demande de césure lors des vœux
2️⃣ Les établissements étudient le dossier sans voir cette demande
3️⃣ Une fois admis, ils décident d’accepter ou non la césure
4️⃣ Si elle est accordée, la place est réservée pour l’année suivante
Une demande peut aussi être faite plus tard directement auprès de l’école.
Pour conserver certains droits (bourses, statut étudiant…), il faut généralement faire son inscription administrative et payer la CVEC.
Que faire pendant une année de césure ?
Les possibilités sont nombreuses.
👉 Service civique
👉 Job pour financer ses études
👉 Séjour linguistique
👉 PVT au Canada ou en Australie
👉 Au pair
👉 Préparation de concours ou mise à niveau
Certaines césures sont totalement autonomes.
D’autres peuvent être accompagnées et structurées.
Zoom sur L’Année Lumière : une césure active accompagnée
Claire Bleton-Martin a présenté lors de l’atelier le programme L’Année Lumière, destiné aux jeunes de 16 à 25 ans.
Le principe :
- des ateliers de développement personnel le matin
- un projet concret l’après-midi (service civique, stage, job, bénévolat)
Certains jeunes peuvent aussi partir 6 mois dans une école partenaire au Danemark, inspirée du modèle des Folk High Schools.
Dans ces écoles :
- pas de notes
- pas d’examens
- une vie en communauté
- des disciplines variées (sport, design, journalisme, philosophie…)
Objectif : retrouver la motivation intrinsèque, la curiosité et la confiance.
Le coût du programme est indexé sur le quotient familial pour rester accessible.
Les séjours linguistiques : une césure flexible
Sophie Plurnau a rappelé qu’un séjour linguistique peut se faire à tout moment de l’année pour les étudiants majeurs, parfois même pour quelques semaines.
Ces expériences permettent :
- de progresser rapidement en langue
- de gagner en autonomie
- de découvrir un autre système éducatif
- de tester une vie à l’étranger
Une solution intéressante pour les jeunes qui ne souhaitent pas partir une année entière.
Une césure de plus en plus valorisée
Aujourd’hui, les recruteurs recherchent des compétences transversales :
- autonomie
- adaptabilité
- engagement
- gestion de projet
- ouverture culturelle
Dans de nombreux pays, il est d’ailleurs courant d’attendre plusieurs années avant d’entrer à l’université.
En France, la vision évolue.
Alors… perte de temps ou gain de temps ?
Une césure peut éviter :
- une orientation par défaut
- une réorientation coûteuse
- une perte de motivation
Elle peut permettre :
- de confirmer un projet
- de gagner en maturité
- de revenir avec une vraie envie d’étudier
Finalement, la question n’est peut-être pas :
« Vais-je perdre un an ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce que je peux gagner pendant cette année ? »
Si tu veux recevoir les invitations à mes prochains ateliers gratuits sur l’orientation ou la césure, tu peux t’abonner à ma newsletter.
Et si tu as besoin d’un accompagnement personnalisé pour ton orientation post-bac, contacte moi 🙂
Photo de Erik Odiin






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